Biographie de William Turner
1775 - 1851
Influencé d'abord par la manière terne et froide mise à la mode par Richard Wilson, Turner subit ensuite l'influence des Hollandais Guillaume Van de Velde, Cuyp, puis celle de Claude Lorrain et du Poussin, surtout du premier. Ses voyages en Écosse, en France (1802), en Suisse, sur les bords du Rhin, agrandirent son horizon. En 1807, il fut nommé professeur de perspective à l'Académie royale, mais n'y donna des leçons que peu d'années.
La séduction exercée par le grand paysagiste français sur Turner a laissé une trace visible dans ses tableaux. Il aimait comme lui les grands horizons baignés d'une douce lumière, les lointains vaporeux, les splendeurs dorées du soleil couchant. Mais son originalité a connu des hardiesses ignorées de Lorrain ; dès 1806, il exposait un Soleil se levant dans le brouillard (National Gallery), où se marque la maîtrise de son talent.
Il a beaucoup aimé l'Italie où il a séjourné à trois reprises, en 1819, 1829 et 1840. Pendant soixante années, il a travaillé sans relâche : un sentiment admirable de vérité et de poésie illumine ses crépuscules et ses aurores ; c'est un des plus grands peintres de paysage de l'école anglaise.
À la fin de sa vie, l'artiste se livra plus entièrement à sa fantaisie dans la lumière : à partir de 1835, ses tableaux ressemblent à de lumineuses visions à travers le brouillard, à des arcs-en-ciel, à des feux d'artifice ; le jaune et le rouge se mêlent et s'opposent sur des fonds blancs.
Vers la fin de sa vie, il quitta sa maison de Queen Anne Street, bâtie en 1812, rompit toute relation avec le monde, changea de nom et se retira dans un pauvre logement de Chelsea, de l'autre côté de Westminster ; il y passa les dernières années de sa vie, dans une solitude absolue, inabordable, inconnu même de l'hôtelière qui le logeait. Il a légué ses tableaux à la nation et 200 000 livres sterling pour la construction d'un asile en faveur des artistes pauvres.