Biographie de Pierre-Auguste Renoir
1841 - 1919
Gleyre n'eut sans doute pas une haute opinion de son élève quand il demanda au jeune peintre assis devant sa toile : « C'est sans doute pour vous amuser que vous faites de la peinture ? » - « Mais certainement, répondit Renoir, et si ça ne m'amusait pas, je vous prie de croire que j'en ne ferais pas. »
Abandonné à lui-même par Gleyre, - assez dédaigneusement - Renoir en profita pour travailler selon ses goûts en copiant les grands maîtres au Musée du Louvre. Un jour, peignant dans la forêt de Fontainebleau, il fut pris à partie par des gamins qui se moquaient de sa vieille blouse de porcelainier. Il fut secouru par l'arrivée d'un homme vigoureux malgré sa jambe de bois : c'était Diaz, qui le prit en amitié et lui permit de s'approvisionner en couleurs à son compte.
La peinture de Renoir, d'abord influencée par Courbet, trouve son premier accomplissement dès 1867, et sa Lise est une œuvre où déjà se trouvent fixés les grands thèmes chers à Renoir : la lumière et le corps de la femme. Il reste aussi fidèle à son admiration pour Delacroix : ainsi ses Parisiennes habillées en Algériennes, toile refusée au Salon de 1872, sont directement inspirées des Femmes d'Alger. Renoir et Monet travaillent souvent côte à côte, exécutant des œuvres dans un même esprit de recherche : la Grenouillère (1869), puis, plus tard, la Mare aux Canards (1873). Une grande amitié les lia, les incitant à mettre en commun leurs découvertes techniques.
Les séjours qu'il fit auprès de Monet à Argenteuil (1873-1874) allaient lui permettre de diviser le ton, d'éclaircir sa palette, d'étudier toutes les transformations de la lumière. Chez Monet, il retrouva Manet, alors que celui-ci, sur les instances de Berthe Morisot, se convertissait à la peinture claire. Ces rencontres dans le jardin de Monet à Argenteuil, ces séances de travail au bord de la Seine sont mémorables. Ce sont des moments d'intense activité. Au milieu d'une vie bruyante et animée, dans l'esprit lucide de tous ces peintres, les découvertes techniques se succèdent. La nouvelle peinture se précise.
L'année 1884 marqua son détachement des conceptions impressionnistes. Sous l'influence encore vibrante du choc ressenti en Italie, Renoir entreprend des recherches que l'on qualifia de linéaires. La forme n'a plus tendance à être absorbée par la lumière ; au contraire, elle est décrite par la ligne ; le contour se resserre et se fait alors plus précis.
En 1898, il est atteint pour la première fois de rhumatismes aigus, maladie qui devait être le calvaire de la fin de sa vie. De 1905 à 1909, sa maladie s'aggrave et il décide de se fixer définitivement dans le Midi. Il achète à Cagnes le terrain des Collettes où il fait construire sa demeure et son atelier.
En 1912, sa maladie s'aggrave encore, il poursuit inlassablement son travail, ne pouvant plus peindre qu'en faisant attacher les pinceaux à ses poignets. Il devait mourir à Cagnes le 3 décembre 1919.